Le constat revient dans toutes les assemblées générales : “On vieillit, on ne renouvelle pas.” Le bureau est en place depuis dix ans, les bénévoles actifs sont toujours les mêmes, et les jeunes adhérents participent aux activités mais ne s’investissent pas dans la vie de l’association.
Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire. Selon la Direction de la jeunesse et de la vie associative, 28% des 15-30 ans s’engagent régulièrement dans le bénévolat, contre 19% des plus de 31 ans (source : jeunes.gouv.fr). Les jeunes ne manquent pas de motivation. Ils cherchent simplement un cadre d’engagement qui leur corresponde.
Pourquoi les jeunes ne s’impliquent pas (et ce n’est pas ce que vous croyez)
Les raisons invoquées par les dirigeants associatifs sont souvent les mêmes : “Ils sont sur leur téléphone”, “Ils ne veulent pas s’engager”, “Ils ne sont pas fiables.” Ces jugements masquent des freins bien réels, mais d’une autre nature.
Le frein de la légitimité
Un jeune de 20 ans qui arrive dans une association où le bureau moyen a 55 ans ne se sent pas légitime pour proposer des idées, encore moins pour prendre des responsabilités. Quand on lui dit “Tu veux donner un coup de main pour le repas de fin d’année ?”, il entend “Fais la vaisselle.” Pas exactement un levier d’engagement.
Le frein du formalisme
Les statuts, le procès-verbal, le rapport moral, l’assemblée générale un vendredi soir à 20h30 dans une salle communale… Ce formalisme nécessaire n’est pas un frein en soi, mais il peut intimider ceux qui n’y ont jamais été confrontés. Si personne ne leur explique le fonctionnement, ils restent spectateurs.
Le frein du temps
Les jeunes actifs jonglent entre études ou premier emploi, vie sociale, contraintes financières. Leur engagement est souvent ponctuel plutôt que régulier. Une association qui exige une présence hebdomadaire sans flexibilité perdra ces profils. Selon France Bénévolat, la tendance est au “bénévolat de mission” : un engagement ciblé sur un projet précis, avec un début et une fin.
Adapter votre communication aux codes des 16-30 ans
On ne communique pas de la même façon avec un retraité engagé depuis 15 ans et un étudiant qui découvre l’association. Ce n’est pas une question de simplification — c’est une question de canal et de rythme.
Le smartphone comme point d’entrée
Les Français passent en moyenne plus de 3h30 par jour sur leur smartphone, et les jeunes encore davantage (source : Europe 1 / Data.AI, 2023). Ce n’est pas un reproche, c’est un fait. Si votre association n’a pas de présence mobile, vous êtes invisible pour cette tranche d’âge.
Une application mobile comme Asso en Direct permet de toucher les jeunes adhérents là où ils sont : sur leur téléphone. La notification push remplace l’affichage papier au local. L’agenda partagé remplace le SMS du président. L’espace documents remplace la pochette cartonnée.
Le bon ton
Évitez les formulations trop institutionnelles dans vos communications destinées aux jeunes. “Nous avons l’honneur de vous convier à l’assemblée générale ordinaire…” ne parle à personne sous 35 ans. Préférez un ton direct : “AG le 15 mars — on vote le projet de rénovation du local, votre voix compte.”
La réactivité
Un jeune qui envoie un message et reçoit une réponse trois jours plus tard ne renouvellera pas son engagement. Les outils numériques permettent de répondre vite. Un message publié dans l’appli est visible par tous instantanément.
Cinq leviers concrets pour impliquer les jeunes
1. Créer des missions courtes et visibles
Plutôt que de demander un engagement long (“Tu veux être responsable communication ?”), proposez des missions ciblées :
- Gérer le compte Instagram de l’asso pendant un mois
- Organiser un événement ponctuel (tournoi, soirée, collecte)
- Créer un visuel ou une vidéo pour une campagne
Ces missions permettent au jeune de voir le résultat de son action rapidement. C’est un levier de motivation bien plus puissant qu’un titre dans l’organigramme.
2. Leur donner une vraie place dans les décisions
Impliquer ne veut pas dire utiliser. Si vous demandez aux jeunes de porter les tables mais jamais leur avis sur le projet associatif, ils partiront.
Concrètement :
- Invitez des jeunes adhérents à assister aux réunions de bureau (même en observateur)
- Créez un “comité jeunes” avec un budget propre, même modeste (200-500 euros)
- Consultez-les sur les choix qui les concernent : horaires, activités, communication
3. Former et transmettre
Le renouvellement générationnel ne se décrète pas — il se prépare. Les dirigeants en place doivent transmettre activement leurs compétences et leur connaissance de l’association.
Proposez du mentorat informel : un trésorier qui associe un jeune à la préparation du budget, un président qui emmène un adhérent motivé en rendez-vous avec la mairie. Cette transmission prend du temps, mais c’est le seul moyen de garantir la pérennité de l’association.
4. Valoriser l’engagement
Le bénévolat des jeunes est souvent invisible. Pensez à :
- Remercier publiquement via l’appli ou les réseaux sociaux
- Délivrer une attestation de bénévolat — utile pour un CV, un dossier Parcoursup ou une candidature
- Mettre en avant les projets portés par les jeunes dans les actualités de l’association
La plateforme JeVeuxAider.gouv.fr permet d’ailleurs aux jeunes de valoriser officiellement leurs missions bénévoles.
5. Moderniser les outils
Si votre association fonctionne encore avec un tableau d’affichage, des convocations papier et un cahier de comptabilité, ne vous étonnez pas que les jeunes ne s’investissent pas dans l’administration. La modernisation des outils n’est pas un gadget — c’est un signal envoyé aux jeunes : “Cette association vit avec son temps.”
Découvrez comment passer du papier au numérique dans notre guide dédié.
Le service civique : une porte d’entrée à ne pas négliger
Le service civique permet à des jeunes de 16 à 25 ans de s’engager dans une mission d’intérêt général au sein d’une association, pour une durée de 6 à 12 mois, avec une indemnité financée par l’État.
Pour l’association, c’est un moyen d’accueillir un jeune motivé qui disposera du temps nécessaire pour s’investir pleinement. Pour le jeune, c’est une expérience formatrice et valorisante.
Les associations agréées par l’Agence du Service Civique peuvent accueillir des volontaires. Si votre structure n’est pas encore agréée, le regroupement via un organisme intermédiaire (fédération départementale, réseau associatif) est possible.
L’erreur à ne pas commettre
La pire erreur serait de créer un “bureau junior” décoratif, sans pouvoir réel, dont le seul rôle serait de “représenter les jeunes” lors de l’AG annuelle. Les jeunes repèrent immédiatement les postures creuses.
Si vous créez une instance dédiée aux jeunes, donnez-lui un vrai périmètre d’action, un budget, et une autonomie de décision sur ce périmètre. Sinon, ne le faites pas.
Le renouvellement commence maintenant
Le renouvellement générationnel ne se produira pas tout seul. Il demande une volonté du bureau en place, une adaptation des pratiques, et un investissement en temps pour accompagner les jeunes vers la prise de responsabilité.
Les associations qui réussissent cette transition sont celles qui considèrent les jeunes non pas comme un “public à cibler”, mais comme des acteurs à part entière de la vie associative.
Vous souhaitez moderniser votre association et toucher les jeunes adhérents ? Réservez votre démo et découvrez comment Asso en Direct facilite l’engagement de toutes les générations.
Cet article fait partie de notre Guide pour associations.